TERRAIN/VAGUES

Le spectacle TERRAIN/VAGUES fait se rencontrer textes poétiques et « poèmes » électro-acoustiques au sein d’un dispositif théâtral. Un poète-comédien sur scène (la plupart du temps) est face-à-face avec une poète-musicienne qui, elle, se trouve au milieu du public. Le tout est entouré d’un acousmonium : un cercle d’une douzaine de hauts-parleurs qui permet aux spectateur-trice-s comme aux interprètes d’être plongé-e-s dans le son, d’être traversé-e-s voire emporté-e-s par des vagues et des courants sonores qui re ètent ceux dont il est question dans le spectacle.

Des vagues de temps : le comédien se sert de sa « petite » histoire personnelle, celle d’un britannique vivant en France avec toutes les questions que cela peut poser sur une « identité oue », pour nous placer au sein de la « Grande Histoire » de l’Europe du XXème et XXIème siècles : celle du « consensus d’après-guerre » et les promesses du « monde libre » dont on voit et vit le naufrage dans les temps présents ; celle de la décolo- nisation (ou pas) ; celle des migrations.

Des vagues, donc, aussi de mouvements de personnes, que ce soit à travers la mer et les frontières des pays à la recherche d’une vie meilleure, ou dans une queue à la CAF ou à la Poste à la recherche, en n de compte, de la même chose.

Des vagues de réflexions, qui font s’entremêler une pensée historique avec celle de la my-thologie ou celle du rêve : c’est en se baladant dans ce champ poétique que Winston Churchillpeut faire la rencontre d’un Ulysse venu des pays « barbares », d’une Calypso porteuse dedivers symboles, ou du comédien lui-même, avec ses souvenirs d’ancêtres comba ants et deleurs histoires d’amour.

Le spectacle tend vers l’art total : une volonté de ne pas hiérarchiser les disciplines et les propos en perme ant un dialogue commun et un jeu permanent entre les sons. Sons enregistrés, sons produits en live, dans le micro ou hors-micro, par la voix du comédien ou par la musicienne qui s’introduit comme personnage, sons traités en live ou laissé à l’état pur, sons des objets de la scène…

LES RUES N’APPARTIENNENT EN PRINCIPE A PERSONNE

Les rues n’appartiennent en principe à personne de la Cie L’Hötel du Nord, mis en scène par Lola Naymark, avec Olivier Constant et Luci Schneider, mis en son par Mélanie Péclat, au Studio Théâtre de Vitry le 11 octobre 2018. ©Joseph Banderet

Avec la répression des manifestations, le mobilier urbain « anti-SDF » ou encore la privatisation de certains quartiers, on a bien du mal à comprendre encore le sens des termes « espace public » ou encore « vivre-ensemble ». Inspirées par Espèces d’espaces que Georges Perec écrit comme « le journal d’un usager de l’espace », la metteure en scène Lola Naymark et la créatrice sonore Mélanie Péclat sont parties, micro en main, à la rencontre de ceux qui habitent les villes avec une question : « À qui appartient la rue ? » Dans chaque quartier exploré, elles créent in situ une déambulation sonore au casque, promenade sensible qui permet de (re)découvrir un quartier guidé par la voix de ses habitants. Elles ramènent dans leur besace leurs « mètres carrés préférés », empreints de poésie du quotidien, pratique ou politique, ainsi que tout un tas d’ambiances sonores.
Dans la version scénique du diptyque, les deux comédiens-musiciens, Olivier Constant et Luci Schneider, deviennent les avatars de toutes les personnes rencontrées de ville en ville, et reconstruisent les rues sous forme de carte mentale au fil des paroles et des images captées. Une manière de souffler que ceux qui habitent un endroit sont non seulement des acteurs mais aussi des conteurs et des bâtisseurs.


Distribution
Mise en scène : Lola Naymark
Jeu : Olivier Constant et Luci Schneider
Création sonore : Mélanie Péclat et Luci Schneider
Scénographie : Anne Lezervant
Création lumière : Mathilde Chamoux
Création vidéo : Jérémie Dru
Dramaturgie : Cyril Brody